ROM

AV.JC

+

Une planche sous les pieds depuis ses 14 ans, Romain Hurdequint découvre à travers les graphismes de skate, une passion pour l’art. En 2011, il décide de documenter dans un blog tout le potentiel artistique qu’offre le skateboard. 

Dix ans plus tard, The Daily Board est toujours lu par plusieurs milliers de visiteurs chaque mois et s’impose comme une référence. En 2018, Romain entreprend la rédaction d’un recueil intitulé Skate Art : From the Object to the Artwork, publié aux éditions Cercle d’Art. Cette anthologie se retrouve distribuée dans le monde entier, notamment au sein des prestigieux musées de New York, le MoMA et le MET. 

Engagé à démocratiser ce nouvel art auprès du grand public, Romain organise plusieurs expositions à Lyon et à Bordeaux. D’abord Inking Board, pour laquelle il invite des tatoueurs à tronquer la peau pour peindre sur un diptyque de skateboards, puis Spraying Board, où le street art rencontre le skate. Pour les deux concepts, l’entrepreneur fournit les toiles (les skateboards à customiser) accompagnées de leurs accroches murales. Le tout est brandé Tigerclaw Supplies, nouvelle marque sur la scène skate dont il est le co-fondateur. 

Rom av.JC est l’alter ego artistique de Romain Hurdequint. Armé de bombes aérosols, d’acrylique, de marqueur ou d’argile, il réinvente les représentations des loisirs antiques. Plaçant le skateboard au cœur des combats de gladiateurs ou des premières épreuves des Jeux Olympiques, l’artiste réécrit l’histoire de cette discipline. Façonnées en forme de jarres aux motifs gréco-romains, les planches témoignent de la pratique du skateboard à une époque où la ville de Lyon portait le nom de Lugdunum.

 À l’instar des céramiques de la période gréco-romaine, la planche de skate usée est marquée par son temps. Si la temporalité est loin d’être la même, les meurtrissures, elles, sont similaires. Brisées, martelées, complètement réduites en morceaux, les planches de skates en fin de vie sont comme ces vases qui refont surface des centaines d’années plus tard : imparfaites, mais chargées d’histoire. 

À la manière du kintsugi et son respect du wabi-sabi, je cherche à prendre soin de ce qui reste du skateboard et à reconnaître la beauté dans ses imperfections. Il s’agit de restaurer la planche sans masquer les traces laissées par son usage, mais en réécrivant son histoire. Le skate malmené s’anoblit en s’appropriant une nouvelle vie… antique.

X